Stratégie
Sur ce type d'épreuve, il faut une stratégie de course.
La mienne est simple. Je mets mes baskets et j'essaye de galoper à l'allure course le plus longtemps possible. Idéalement jusqu'à la fin, en essayant de gérer au mieux les imprévus.
Mon allure course se décompose en 2 temps. Je marche pendant 5', tout en mangeant, buvant et profitant du paysage. Puis, je cours 25,' en restant concentré sur mes pieds et les difficultés du terrain. Je marche à 4,8 km/h et coure à 8,6 km/h. Ce qui fait une allure moyenne de 8km/h.
Ça, c'est pour le fil conducteur.
Sur ce fil conducteur, va venir se greffer, tous les imprévus. Tous ceux que je ne connais pas. Par exemple, la météo, la fatigue au delà de 12h de course, de nouvelles réactions physiques, nerveuses, psychologiques, émotionnelles. Qui peuvent casser le fil conducteur. Pour gérer l'imprévu, j'ai pris le pli d'adapter mon objectif en fonction du bon ou mauvais déroulement de la course. Ce qui me permet de me relancer et rester mobilisé. J'en ai donc imaginé plusieurs.
Finir en 24h. Qui serait exceptionnel compte tenu de mes capacités physiques. Il m'a fallu 12h pour faire 102 kms sur route.
Finir en 28h. Qui m'arangerait bien, car la ligne serait franchie avant la tombée de la 2ème nuit.
Finir entre 35h et 42h. Après un arrêt dodo dans la 2ème nuit, essayer de finir proprement la course.
Finir en 42h. Coûte que coûte. Vaille que vaille. Je n'ai encore jamais abandonné. La colère puis la rage m'ont toujours fait finir.
Faire plus que 102 kms. Abandonner serait une nouvelle expérience. Mon épouse a fini par me mettre ça dans le crâne. "Que tu vives ta passion est une chose, mais tu es d'abord et avant toute chose, mari et père". Bon, ça calme. Alors au pire, j'aimerai bien quand même, faire plus que 102 kms. La plus grande distance que j'ai parcouru pour le moment.
Franchir la ligne d'arrivée : un accouchement sportif.
