3ème 10 km depuis le début de ma vie de super quiche de la galopade sauvage.

2ème en 15 jours. Et certainement pas le dernier vu que je me suis maintenant mis en tête de ne passer à autre chose que quand j'aurai décroché les 40'.

A la Brayonne j'avais vomitivement décroché un 43'07" alors que j'y avais galopé fièrement un 42'53" l'année précédente.

Bref, c'est vexé que je me suis lancé sur ce 10 km de Rouen.

Finalement, à la montre, la ligne d'arrivée est pliée en 42'28" (42'30" d'après les organisateurs, 42'34" d'après la police, et 285ème sur 2103 arrivants).

Je ne suis plus vexé. Je suis même content.

Même si je mesure tout le boulot qu'il me reste pour aller chercher le sub 40'.

 

Le récit.

Je suis stressé. Stressé parce que cette accumulation de compétitions n'est pas dans mes habitudes. J'ai pris l'habitude de n'en faire qu'une ou deux par an et de m'y préparer pendant des mois. J'ai pris l'habitude de me préparer à dépasser mes limites de distance. Et idéalement en durcissant les conditions de course. Mais pas du tout pour aller vomir 30" tous les 15 jours.

D'autant, qu'en bon scolaire, j'ai l'impression de ne pas avoir fait mes devoirs. Bah ouaih ! J'ai pas pu progresser en 15 j ! Sans dèc !

Avant le départ, chéri et adoré m'appelle, se rendant compte que j'ai le cerveau sur le dos, il m'explique que pour ce type d'exercice la compétition ainsi accumulée devient aussi un entraînement. Bon...

Échauffement avec jean paul. Ce prénom ne vous dit rien ? Pas de problème. En 15 j de temps, le concernant, le conseil n'a pas non plus changé : vous ne perdez rien.

Peloton. Nous arrivons à nous faufiler dans le 1er tiers.

Le coup de feu, avec un vrai pistolet à départ cette fois çi, et nous dévalons la rue jean lecanuet.

J'ai pris la leçon d'il y a 15 j en décollant gentiment aux alentours de 4'10". Et avec les cops du club.

La rue jeanne d'arc, en pente douce, nous emmène gentiment jusqu'au pont.

Je prends l'allure à mon compte. Je me sens bien.

J'arrive au 5ème km, au cours de la ballade rive gauche, en 20'53". L'objectif étant de 42', même si l'allure pousse, je sens que je vais pouvoir gérer un peu.

Raté.

Au 7ème km, la trémie rive droite, accumulé aux trottoirs et au tabassage en règle depuis le départ sont en train de me détruire.

Chéri et adoré est sur le bord de la route. Avec Mme chéri et adoré. Et tout plein d'autres cops du club. Leurs encouragements me booste.

Ne pas lâcher. Tenter de contrôler.

Mais je suis sur la limite. J'ai envie de vomir. Dès que je lâche un peu l'allure l'envie s'efface. Dès que j'appuie ou relance l'envie revient.

Je me bagarre pour tenir et aller jusqu'au bout.

Le corps crisse. La têtre implose.

Je ne regarde plus ma vitesse depuis longtemps. Je n'en peux plus.

La ligne est là. Je gueule. Comme si je finisais un ultra.

En fait le 10, c'est un concentré physique d'ultra. Sauf qu'il ne se passe rien dans le cerveau.

Déjà qu'en ultra.... Déjà que sans courir.....

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