Maintenant que j'y pense, je ne me souviens pas vous avoir expliqué ce que je projetais pour finir l'année.

C'est très simple. Courir un 10km en moins de 40'.

C'est très simple. Sur le papier.

Pendant la prépa marathon des sables, j'arrivais, dans de bonnes conditions, à courir à cette allure (4'/km) sur des répétitions de 2-3 kms répétées 2-3 fois. Mes cops d'entraînement me voyaient déjà réussir cet objectif les doigts dans le pif.

Sauf qu'ils n'ont jamais mis leurs doigts dans mon nez. Ce qui au passage, ne me dérangerait plus que ça. Vu la place qu'il y a. D'ailleurs, tout bien réfléchi, sur qu'ils auraient pu y mettre leurs doigts tous en même temps.

Bref, les kms à 4' c'était avant le marathon des sables.

Depuis, j'ai glandé. Depuis, j'ai grossi. Depuis, j'ai fêté le marathon des sables avec qui voulait bien le fêter. Depuis, j'ai eu un mal de chien à m'y remettre.  Depuis, nous avons convenu, avec chéri et adoré, pour me remettre en selle, de choisir un bel objectif pour finir l'année. Depuis, chéri et adoré m'a fouetté sauvagement. Depuis, je m'y suis remis avec un tel entrain que chéri et adoré, juste après la ligne d'arrivée fraîchement franchie, après avoir fini le 10 km de la brayonne en 43', comme l'année dernière, alors que je visais 41'-42', m'annoncait sans une once d'empathie bienveillante "Pov tache, c'est bien fait pour ta guoule, t'avais qu'à te remettre à courir au lieu de glander".

Certes. Il est vrai que, même si j'ai un peu édulcoré ses propos, je suis, n'empêche, qu'une pov tache.

Et me voilà après la course, à expliquer à qui voulait bien l'entendre, de bêtes excuses sur cet objectif raté : "Il y avait du vent." "Mes lacets étaient mal serrés." "Il y avait plein de vaches dans les prés qui me regardaient avec une agressivité décontenançante, à faire froid dans le dos." "En ce moment j'ai la fesse gauche qui me gratte et c'est pas facile de courir avec le doigt dans le calbut."

Bref, les 10km c'est super chaud. J'ai un mal de chien à faire ça proprement.

Le récit.

J'étais plus stressé avant la brayonne qu'avant d'aller me faire tatouer un "42,195 km for ever" sur le torse gauche. Pourtant les meilleures conditions étaient réunies. Ma chère et tendre accompagnés de nos 2 stars, je répète "ma chére et tendre et nos deux stars", avaient promis à chéri et adoré de venir m'encourager. Pfiouuuuuu.......

Comment décrire ce que leur présence m'a apporté ? Dans le désert je les ai imaginé. Dans la nuit de la longue je les ai rêvés. Au dernier ravito de la dernière étape du MDS je les ai cherché parmi les familles. Pouvoir les voir en courant a juste été magique.

Reprenons.

Échauffement avec jean-paul. Ce prénom ne vous dit rien ? Faites moi confiance, c'est mieux ainsi. Bref, échauffement avec ma copine d'entraînement. Il me taille la guoule. Je lui taille la guoule. Tout va bien.

Les cops du club nous rejoignent. Ainsi que ma poule. Pour ceux qui ont rendu leur décodeur, ma poule, c'est la fusée inter cosmique seino-marine avec qui j'ai fait le MDS.

Bref, on se roule tous des pelles et on galope jusqu'à la ligne de départ.

PAN. C'est parti. Un homme tombe à terre. Quoi ? Ok, j'étais entrain de m'imaginer que le gars au pistolet s'était mis à viser le peloton au lieu du ciel. Non ? Bon...

1er km en 3'53".

2ème km en j'en sais rien. La montre que j'ai est trop compliquée. Je n'arrive pas à mettre le lap top à 1km. Bref, désolé, le suspense n'aura duré que très peu de temps.

3ème km toujours pareil. Quoi ? Un éclair de génie m'aurait fait trouver le bon réglage en 1 km ? Biensur...

4ème km en plus de 16'. J'ai fait le malin. J'ai regardé en bas de l'écran pour voir le temps cumulé. Ce qui ne m'a pas rassuré. Le sub 40' est déjà rangé au grenier.

5ème km la dérive du chrono-maître sonne progressivement le glas d'une glandouille dénoncée depuis bien trop longtemps.

6ème km et 7ème km. Le vent de face et les bosses m'achèvent. Pourtant je ne me fais pas doubler. Ou alors juste par une ou deux personnes. Et vu que j'en rattrape quand même une ou deux, le classement et moi on est quitte.

8ème km. Il serait de bon ton de relancer. S'affiche sans vergogne un 34'23". Un rapide calcul me fait pourtant tout chaud partout. Si j'arrive à plier les 2 derniers km en 4', je suis en dessous des 40'. Ça ferait du 38'23". Trop la classe. Incroyable même. Vraiment incroyable. Une vache me regarde d'un air désapprobateur et méprisant. Je refais le calcul. Dommage Eliane..... 42'23". Ce qui change tout. Cela signifie qu'il faut que j'envoie du 4' pour espérer battre mon chrono de l'année dernière. Et vu la dérive, c'est mort.

9ème km. Le cerveau est sur le dos.

9ème km et des poussières. Chéri et adoré m'exhorte à bloquer le compte tour.

Ligne d'arrivée moins quelques poussières. A peine le temps de lever le bras pour faire coucou à ma chère et tendre et nos deux stars dans un salut version reine mère et la ligne me balançe son 42' et plein de secondes.

Le résultat final est de 43'07" et 34 ème sur 164 galopeurs. L'année dernière 42'53" et 58 ème sur 175 galopeurs.

J'ai perdu 14", mais amélioré le classement.

Bref, je suis déçu.

Mieux encore. Je suis vexé comme un pou.

Prochain round dans 15 jours avec le 10km de Rouen.

Sans dèc !

brayonne