Le trail de 42km de Beuzeville-La-Grenier s'est, contre toute attente, bien passé. Et même très bien passé.

Malgré une envie féroce de ne pas y aller. Malgré la fatigue des deux marathons précédents. Malgré la fatigue des entraînements qui s'accumule. Malgré tout.

Pour l'objectif, après deux causeries avec chéri et adoré, nous avons convenu qu'il me fallait faire mieux que pour les 44kms du trail de la côte d'opale. Tant pour la l'allure moyenne que pour la manière de le courir. Pour mémoire, il s'était couru à 10km/h pendant les 30ers kms, avant de voir la bestiole s'effondrer lamentablement et tenir une moyenne au final de 9,4 km/h. Le tout assorti de grosses douleurs musculaires.

Bref, la stratégie s'est imposée naturellement. Décollage à 9,4 km/h. Et tenir le plus proprement possible. Idéalement en négative split (deuxième moitié de course plus rapide que la première).

Après avoir apprécié l'ambiance cow-boy du village, ainsi déguisée à l'occasion du Téléthon, j'ai franchi, tout comme j'aime, la ligne de départ en dernier.

La 1ère heure, champêtre et bucolique, m'a permis de converser avec pas mal de monde. Dont une représentante des princes du vent. Et mon dernier pote de galopade sauvage, Nicolas, rencontré à la Brayonne. Le tout à 9,3 km/h de moy.

La 2ème heure, dans la joie et l'allégresse, m'a vu accélérer progressivement. Et malgré un arrêt de 2-3' au ravito du 13ème km, qui sera d'ailleurs le seul et unique arrêt, cette heure s'est faite à 9,7km/h de moy.

La 3ème heure, au rythme cadencé d'un négrier, a vu la foulée s'allonger. Cette montée en régime solda l'heure à 10,5km/h de moy.  

La 4ème heure, dans la sueur et la douleur, j'ai tenté de tenir. Les douleurs musculaires proches de celles vécues en côte d'opale, provoquaient la tête. Qui avait les plus grandes difficultés à ne pas mettre le clignotant à droite. Pour tenir j'ai tenter des parades. A chaque fois que je doublai quelqu'un je proposai la causette. Et quand les douleurs étaient oubliées je relançai la machine.

La fin de course s'est emballée. Les 3 derniers kms a 11,5-12 km/h. A tenter de rattraper, sans vraiment le vouloir, tout en le voulant, le coureur pourtant loin devant. A 300m de la ligne d'arrivée, dans un sprint final chaud bouillant, j'ai fini par reprendre le gars en question, plus deux autres. L'esprit compét distillé par chéri et adoré est maintenant source de motivation et me permet de relancer en fin de course.

Cerise sur le gâteau, quand une fois franchi la ligne, j'apprends que le classement me donne 24ème pour 98 inscrits. Je n'en revenais pas. Pour un gars qui voulait rester dans son canapé...

L'annonce officielle sur le site donne 24ème / 91 partants avec une vitesse moyenne à 9,6 km/h pour 42km. A la montre c'est 43,1km et donc une allure moy à 9,9km/h. Dernier calcul qui, forcément, me plaît mieux...  

Avec le recul, il y avait un vrai risque à rater cette course. La fatigue est là. La prépa pour le marathon des sables est maintenant commencé depuis un an et l'écoeurement n'est pas loin. Je suis donc simplement toute gaiete que cette course se soit bien passée.

Place aux fêtes. Le temps de se refaire la fraise avant d'attaquer le dur de dur. Je risque de ne pas faire grand chose d'autre de rare que de courir pendant les trois mois qui me sépareront alors du marathon des sables.

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Dans la 1ère heure, avec Nico, mon nouveau pote de galopade sauvage, entouré de deux Cédric.