La bagarre n'a pas eu lieu. Bah, noooooon, c'était juste de la provocation !

L'émulation est motivante, certes, mais le plaisir de courir tous ensemble lui est bien supérieure.

Bref, nous étions 8 du club. Cool, non ?

Côté émulation, les pronostics d'avant course ressemblaient à peu près à ça : 

Devant, Sébastien qui passe traditionnellement ses 10km en 39'-40'. Intouchable pour nous autres.

Puis Chtio pépère qui démarre sa carrière internationale de galopeur fou. Toute la semaine m'amusant avec du "Bagarre ? oh bah non c'est mon 1er je vais y aller sur des bases de 45', je veux pas m'éceourer ...". Alors qu'il enquillait la semaine précédente ses 3x2000 en3'50"-3'55"...

A priori, je devais pas être trop loin. Mais sans assurance, courant un 10 pour la première fois.

Puis Antoine, motivé pour me crocher. Là encore, une première pour lui.

Ensuite une recherche de sub 50' pour Nico et Fil de fer.

Et même combat aux alentours de 55' pour David et Olivier.

Suspense, dont le voile obscur sera levé demain, après annonce des résultats officiels.

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De gauche à droite, le déguisé, Olivier, Chtio pépère et Antoine.

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Olivier et Fil de Fer. Yo man !

En attendant, v'là comment que ça s'est passé pour mon compte.

Objectif perso annoncé à moins de 43'. Ce qui n'est pas gagné : le parcours est vallonné et il va falloir s'accrocher.

J'étais ultra hyper stressé avant la course. Bien plus qu'avant d'aborder un ultra. Ce type d'effort n'est pas du tout ma tasse de thé. Je ne sais pas gérer un effort violent et court. Et historiquement pas du tout motivé pour me bagarrer pour des secondes. Sauf qu'avec le club et l'entraînement de Chéri et adoré, j'avais intégré cette notion d'émulation voire de compétition. Et abordé ce 1er 10km en mode compétiteur.

Chéri et adoré me brieffe pendant l'échauffement. "Ne t'occupes pas des autres. Fais ta course. Tu pars sur des bases à 4'17" sur les 3 premiers km, et ensuite tu avises. Soit tu descends à 4'20" si c'est chaud, soit tu grimpes gentiment pour aller chercher du 4'10". GOOOO !"

Tout le monde est sur la ligne de départ. Sébastien part comme une flèche, collé au train par chtio pépère. A la surprise générale... Je mets de suite la main sur le frein à main et zyeute la montre toutes les 2". En imaginant qu'antoine colle au train. Premier km en 4'10". Je me sens bien mais retires sur le frein à main. Deuxième km en 4'15". Je commence à reprendre ceux qui me sont passés devant au premier km. Une première butte est avalée sans faiblir sur l'allure. La remontée du peloton me motive tout en contrôlant la vitesse. Puis les 3 autres kms sont fait aux alentours de 4'20-4'25" avec quelques bosses à gérer. Le souffle en 2 temps s'est installé mais je me sens bien. Le 5ème km est passé, en cumulé, en 21'30". Pile poil l'objectif.

Sébastien et Chtio pépère se sont envolés, me les rendant intouchables. Les coureurs qui sont "juste" devant forment des petits paquets de plus en plus difficiles à reprendre. La fatigue en font ralentir quelques uns, je serre les dents et en profite pour accélérer. Je ne regarde plus la montre et me fie aux sensations. Je sens la vitesse et ce que je peux encore donner par rapport à ce qui reste à parcourir. J'attends "patiemment" le km 7 ou 8 pour lâcher les chevaux. Mais quand ils arrivent, la fatigue est à deux doigts de prendre le dessus. Les deux derniers kms se font en descente. Je pousse pour reprendre 3-4 places. Chéri et adoré a fini sa course (14ème à 52 ans, ça laisse rêveur...) et remonte pour m'encourager. Le cerveau est bloqué et j'envoie tout ce que je peux. Sprint final avec un gars doublé 300m avant la ligne, qui se rebiffe. Il finit devant au passage de la ligne et dans les bras l'un de l'autre ensuite. Câlin de courte durée car, comme d'habitude, provoqué par l'effort qui va chercher les tripes, Mr Vomito entre en scène.

Au final c'est 42'50" (à confirmer pour les secondes), en split négatif (2ème moitié plus rapide que la première).

Ça m'a plu. L'émulation d'avant course, la gestion du dur sur un moment relativement court (par rapport à d'habitude), la recherche du classement pendant la course (un peu comme au trail de la côte d'opale) et enfin la réussite de l'objectif.

J'ai hâte de remettre ça, entraîné en conséquence, après le marathon des sables.

Bref, une belle première. Je peux m'endormir convaincu d'être moins idiot qu'en me levant. C'est pas si mal, non ?