Catherine Morel, rencontrée lors de recherches de sponsors pour le club Running Vallourec Deville, a tout de suite branché son cerveau sur le mien, en l'inondant d'images pantagruéliques du marathon des sables. Dès qu'elle en parle, on sent une émotion folle, pleine de chaleur. On sent un voyage sacré.
C'est donc avec beaucoup d'émotions et de plaisir que vous est livré cet entretien. Bonne dégustation !

catherine morel

Il t’a fallu combien de temps pour te remettre ?

On ne se remet jamais du MDS, tant psychologiquement que physiquement. La plupart des participants ont du mal à se relancer sur des courses « lambda ». Le ressenti du MDS est trop fort, comme encré en nous…

Qu’est ce qui est le plus difficile lors de cette phase de récupération ?

Tout d’abord, après s’être entraîné spécifiquement,  sans relâche durant plus de 6 mois, la plus grosse difficulté est de reconstruire sa vie autour d’autre chose que « courir ». Rentrer du travail et ne plus chausser ses runnings, se demander ce qu’on va faire le week-end….. On est un peu perdus, on est en manque.

Est-ce que ça a changé quelque chose dans ton existence ?

Ca a tout changé. D’abord, on s’attache moins à des détails sans importance et on relativise les situations. Notre vision de la vie est plus zen, on est tellement allé jusqu’au bout de nous-mêmes tant moralement que physiquement qu’on se dit que, même dans les situations difficiles et délicates, il y a toujours un moyen, au fond de nous, de nous en sortir. L’essentiel est de PERSEVERER !

As-tu envie de le refaire ?

Bien sûr ! Mais plus en compétition.

Le faire autrement ?

En marche, du début à la fin, pour mieux profiter des paysages, des concurrents….. Et pourquoi pas du côté de l’Organisation (distribuer les bouteilles d’eau au ravitaillement, avoir un mot d’encouragement pour les concurrents, un sourire ou un mot gentil fait toujours plaisir quand on est dans la galère !)

Revenons sur ton MDS, qu’as-tu envie de m’en raconter ?

Je ne peux évoquer le MDS sans que les larmes d’émotion me montent immédiatement aux yeux. Les sensations bonnes et mauvaises me reviennent, les odeurs du désert, l’organisation personnelle et la gestion de l’effort…… SURTOUT LA GESTION DE L’EFFORT ! Ne jamais oublier que le Désert est le plus fort et qu’il faut rester humble jusqu’au bout. J’en ai vu qui pensaient qu’une fois la longue étape passée, c’était fait, et qui se sont écroulés….. Méfiance.

Qu’est ce qui a été le plus dur ? Comment t’es tu sorti de cette difficulté ?

Les pieds saccagés …………………………………….

Quelle a été ta plus grande source de satisfaction ? Dont tu profites encore ?

ALLER JUSQU’AU BOUT DE SOI-MEME, malgré la douleur, la fatigue, la chaleur, le manque d’hygiène, la nourriture lyophilisée qu’on a tellement hâte de manger en rentrant au bivouac, la solidarité entre les concurrents, la gentillesse des organisateurs et des bédouins qui montent et démontent le campement tous les jours en criant « OUALAH, OUALAAAAAAH ! », et tant de choses qu’on ne peut raconter parce qu’il faut les vivre.

Et……………………. l’immensité et la beauté du désert marocain !!!!!!!

As-tu des conseils à me refiler ?

Prépare tes pieds plusieurs semaines à l’avance et prends 2 tailles en plus de la pointure de runnings que tu prends habituellement. Crois-moi, avec la chaleur, le sable et les bobos, ce ne sera pas de trop.

 

Bon MDS, je penserai à toi……

Amicalement.

Catherine MOREL (MDS  2006 et 2010)