Vindiou ! Le trail c'est dur, ça fait mal aux pieds et aux cannes.

Surtout que ces petits pieds là sont plus habitués au doux goudron propret de la ville plutôt qu'au champ de vache défoncé au sabot et figé durement par la chaleur. Bref, quand on ne sait plus ou poser ses pieds, parcequ'on évite silex, ornières, troncs d'arbres, et que souffler signifie marcher en tentant l'escalde d'un mur, qu'il faudra redescendre aidé d'une corde, il n'y a qu'un bond à faire pour annoncer officiellement ma non-appartenance au gang des traileurs. Que voulez vous ? J'aime le confort....

1h50 sur le 16 km de la saturday night fever et 6h40 sur le 54 km de la ballade dominicale. Techniquement, je n'avais encore jamais couru une course aussi dure. La saintélyon faite en 2010 avec ses 68 km, sa neige, son verglas et ses -15°C est maintenant relayée au rang de "balladounette". C'est dire !

Pour le détail du samedi, le 16km s'est super bien passé avec Seb (de chez Randorunning Rouen). Nous avons passé un bon gros moment de plaisir. Plaisir prolongé, en laissant la boule à facette briller 500m de plus, en nous égarant sur la fin. Prolongement moyennement apprécié par copain, qui se tenait l'ischio depuis le 13ème km et les boyaux depuis le départ. Boyaux occupés à digérer d'excellentes crêpes complètes, avalées prestement une demi heure avant le départ.

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La digestion des crêpes commence. Mais il ne le sait pas encore...

Seb me sponsorise pour le marathon des sables. Il va me trouver le matos. C'est génial, forcément. Mais j'attache encore plus d'importance à ce que nous avons vécu ensemble samedi. D'abord, un après midi à tenir son stand, à vanter les mérites de son affaire, même si le jeu de la marchande s'est soldé par une bulle pointée, confirmant au passage que c'est un métier. Puis, une soirée à taper de la blague à 2 balles, en galopant à la lueur de son phare maritime frontal, que la tour Eiffel lui jalouse à présent.

Voilà. C'est ça que je veux partager avec mes sponsors. Une crêpe, une blague et une ballade.

Pour le détail de la nuit de samedi à dimanche, justement, la nuit est restée au stade de détail. Couché à 1h15, endormi à ?, levé à 5h45. Pour un départ à 6h15 de la maison avec Manu di Bango, mon entraîneur chéri et adoré. Pour un départ course à 8h30. Quoi ? Bon ok, j'aurai pu faire plus court en annonçant que j'avais dormi 3-4h.

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La truffe humide, le poil brillant.

Pour le détail du dimanche, la course s'est très bien passée pendant les 25ers km. Effectués à, grosso modo, 9-9,5 km/h de moyenne, entre marche en côte, galopade à 10-11 km/h sur chemin et 11-12km/h sur route. Puis, la fatigue s'installant, avec de vraies difficultés à tenir le terrain et les relances nécessaires pour redécoller, j'ai rallongé les durées de marche et de ravito. Pendant les ravitaillements, où se trouvaient des bénévoles plus adorables les uns que les autres, j'ai tenté de "bosser" mon épineux problème de maîtrise de la réhydratation. A chaque ravito, j'ai avalé 3 verres de coca, 2 verres de badoit, 1 verre d'eau plate, du quatre-quart, des abricots secs, du gruyère et enfin un demi-sanglier rôti. Au fil des ravitos, le redécollage s'est avéré de plus en plus difficile,  bien que tenant jusqu'au 40ème km. Puis, alors que je prenais conscience que le pèse personne familial n'était plus sous garantie et qu'en ne rentrant pas trop tard à la maison nous pourrions jouer en famille, à la belote, mes jambes se sont de nouveau réveillées. 2h plus tard, d'un rythme plus soutenu, la ligne d'arrivée était alors été franchie, sous les viva de steph, anne, olive et maxou. Ne ratant que très rarement l'occasion de boire une bière, leur présence nous a permis, en plus de boire, de tchiner.

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A 15m de l'arrivée, sous les flashs de steph.

Cette course a été riche d'enseignements. Côté endurance, malgré la fatigue, après 50km, dès qu'il y a de la route je me remet sans difficulté majeure et avec ce plaisir simple de se sentir "chez soi" à 5'30"/km, soit mon allure endurance fondamentale. Côté hydratation et casse croûte, il y a, à la surprise générale, un rythme plus sérieux à trouver. Côté cuisses pour les côtes, et appuis pour la technicité du terrain, il y a un gros boulot à faire. Enfin, bonne nouvelle d'après course, je me remet plutôt vite et bien, au point d'avoir hâte de voir la saison 6 que Manu va me concocter pour la suite de l'entraînement.

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La loi est passée. Mais je ne sais pas comment m'habiller pour le grand jour. Avec le maillot de Randorunning ?

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Avec le maillot de Sameforme ?

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Ou celui du club ?

Bref, la traduction de tout cela pour le marathon des sables 2014 donne à peu près ça :

1) Écrire à Mr Bauer, l'organisateur en chef, qu'il me coule une route goudronnée sur le prochain parcours.

2) Écrire à Mr Bauer, qu'il prépare un verre de coca, avec 2 glaçons, tous les 3 kms sur une petite table habillée d'un petit napperon dentelé. Idéalement, avec une paille pour la déco....

3) Écrire à Mr Bauer, qu'il évite les montées-descentes caillouteuses et techniques. Au pire, si le tracé ne peut les éviter, un tunnel fera l'affaire.

4) Penser à organiser un repas entre Mr Bauer et le père Noël.

Ah, au fait, j'allais oublié l'essentiel : un grand merci à Jean Michel et toute son équipe pour la très belle organisation de ce Radicatrail. Longue vie à cette belle et exigente course !