Samedi 9h30 Locmariaquer -98 km- Pause 2h15

Sac ou pas sac, cette pause doit être mise à profit pour s’auto ausculter, analyser et trouver des solutions. Passage obligé pour qui veux repartir et finir dans les meilleures conditions.

Baskets déchaussées, les cloques des deux pieds se mettent à fleurir. Mes Cabrakans de chez Mitzuno ne doivent pas être suffisamment respirantes. Il est vrai qu’elles sont plutôt étanches à l’eau extérieure. D’ailleurs réflexion faite, je finis par me souvenir avoir eu, pendant la prépa, les pieds chauds et humides en fin de sortie longue. Constat resté constat, faute de conséquences plus graves. La situation est maintenant différente, et je dois changer de baskets en passant sur mes Adrénaline ASR de chez Brooks plus respirantes. Brooks qui se trouvent dans le sac…. Reste le ravito. Et je me tourne vers le podologue qui me propose un charcutage maison. Les cloques perdent de leur superbe. Et moi avec….

Une déshydratation peut expliquer la gêne au tendon d’Achille droit. Je me pince et reste marqué. Bingo ! L’eau que j’ai bu n’a pas suffit. Soit qualitativement, parce qu’insuffisamment dosée en sels minéraux, soit quantitativement, parce que je n’en ai tout simplement pas assez bu. Dans les 2 cas, rien de mieux que la Rozana pour me réhydrater rapidement. Rozana, qui se trouve dans le sac…. Reste le ravito. Équipé d'une eau pétillante, je me tourne vers le médecin qui me propose un strapping maison afin de simuler une talonnette. La course du tendon ainsi réduite soulagera Achille dans son effort. Et moi avec…

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Maintenant que l’effort physique s’est calmé, une douleur dans le dos se réveille. Je me tourne vers l’osthéo, une jeune femme toute pimpante. Quand elle finit de jouer au mikado avec mes bras, jambes, têtes et dos, je me surprends à croire qu'avant d'atterrir sur sa table, mes membres  occupaient d’autres positions sur mon corps et étaient différemment orientés dans l’espace. Finalement, avec un sourire doux elle m’explique, qu’elle ne peut rien pour le dos, et que c’est sûrement du à un mauvais frottement, irritant, avec le sac à dos. Seule, la crème Nok peut régler cela. Nok qui se trouve dans le sac….. 

Alors que l’auscultation est terminée et que les solutions à disposition sont épuisées, ma supportrice préférée en profite pour m’appeler et me prévenir, triomphalement, que le sac est retrouvé et se dirige à toute ber-zingue vers Locmariaquer. Une fois raccroché, les nerfs lâchent et je pleure de tout mon soûl. Sans doudou pour me consoler, je comprends alors que je coure, quand même, depuis 14h. Et que, la fatigue étant là, il me faut manger et dormir. Je mange mais ne trouve pas le sommeil. Le sac finit par arriver. La camelbag prêt, il ne me reste plus qu’à enfiler les Brooks et reprendre la route.

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Ce repos m’a regonflé à bloc, et n’ai qu’une hâte : faire parler la poudre !